{"id":5064,"date":"2025-12-30T15:48:18","date_gmt":"2025-12-30T14:48:18","guid":{"rendered":"http:\/\/leprado.org\/?page_id=5064"},"modified":"2026-01-30T16:05:21","modified_gmt":"2026-01-30T15:05:21","slug":"alfred-ancel-eveque-auxiliaire-de-lyon","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/leprado.org\/en\/alfred-ancel-eveque-auxiliaire-de-lyon\/","title":{"rendered":"Alfred Ancel &#8211; \u00c9v\u00eaque auxiliaire de Lyon"},"content":{"rendered":"<div data-elementor-type=\"wp-page\" data-elementor-id=\"5064\" class=\"elementor elementor-5064\" data-elementor-post-type=\"page\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-3cf8f12 e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"3cf8f12\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-f9240ec elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"f9240ec\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><strong>Auxiliaire \u00e0 vie<br \/><\/strong>Olivier de Berranger (Pages 139-141)<\/p><p>Par une journ\u00e9e froide de l&rsquo;hiver, le P\u00e8re Joseph Ancel raconte qu&rsquo;il rencontra par hasard son fr\u00e8re Alfred place Bellecour. Celui-ci d\u00e9bouchait sans h\u00e2te de la rue Auguste Comte, et, curieusement, il avait l&rsquo;air \u00ab tout triste\u00bb :<br \/>&#8211; Qu\u2019est-ce qui t\u2019arrive ?<br \/>&#8211; Je n&rsquo;en reviens pas moi-m\u00eame. Figure-toi que le cardinal m\u2019a convoqu\u00e9 pour me demander, au nom de l&rsquo;ob\u00e9issance, de devenir son \u00e9v\u00eaque auxiliaire. Je compte sur toi pour la discr\u00e9tion. Mais, tu vois, je suis boulevers\u00e9.<br \/>C&rsquo;est une bonne nouvelle, \u00e7a ! Qu&rsquo;un pr\u00eatre comme toi, qui vis dans l&rsquo;esprit de pauvret\u00e9 \u00e9vang\u00e9lique du Prado devienne \u00e9v\u00eaque, moi \u00e7a me ferait plaisir au contraire&#8230; Ne crois tu pas que l&rsquo;\u00e9piscopat a besoin de ton t\u00e9moignage ?<br \/>&#8211; \u2026.<\/p><p>Alfred Ancel \u00e9tait sinc\u00e8rement boulevers\u00e9. Il n&rsquo;avait qu&rsquo;un d\u00e9sir, c&rsquo;\u00e9tait de rester au service du Prado qu&rsquo;il voyait en pleine croissance. Et c&rsquo;\u00e9tait bien parce que le cardinal Gerlier l&rsquo;avait assur\u00e9 qu&rsquo;il le laisserait poursuivre sa t\u00e2che de Sup\u00e9rieur qu&rsquo;il ne pouvait lui opposer un refus. Malgr\u00e9 lui, en effet, le P\u00e8re Ancel ne passait pas inaper\u00e7u dans l&rsquo;\u00c9glise de France. L&rsquo;archev\u00eaque de Paris, le cardinal Emmanuel Suhard, dont le rayonnement \u00e9tait si grand alors, avait observ\u00e9 cette modeste personnalit\u00e9 du clerg\u00e9 lyonnais. Il avait fait savoir au cardinal Gerlier qu&rsquo;il souhaitait le voir devenir \u00e9v\u00eaque titulaire d&rsquo;un dioc\u00e8se. Se sentant lui-m\u00eame d\u00e9cliner, le cardinal Suhard cherchait des hommes qui poursuivraient l&rsquo;intense labeur missionnaire dont il \u00e9tait l&rsquo;un des initiateurs. Alfred Ancel, par sa formation \u00e9vang\u00e9lique au Prado et ses publications sur les probl\u00e8mes de pastorale ouvri\u00e8re, lui semblait l&rsquo;un de ceux-l\u00e0.<\/p><p>Le cardinal Gerlier comprenait son \u00e9minent coll\u00e8gue de Paris. Mais il comprenait aussi le choix int\u00e9rieur d&rsquo;Alfred Ancel. C&rsquo;est pourquoi il avait trouv\u00e9 cette solution, accept\u00e9e par Pie XII lui-m\u00eame, de le faire nommer \u00e0 Lyon sans l&rsquo;enlever au Prado. Lorsqu&rsquo;il le pr\u00e9senta avec enthousiasme \u00e0 ses dioc\u00e9sains le 24 f\u00e9vrier 1947, il \u00e9crivit dans la Semaine Religieuse : \u00ab Cet ap\u00f4tre de J\u00e9sus-Christ, philosophe, th\u00e9ologien, sociologue, qui aspire \u00e0 r\u00e9aliser dans toute sa vie les traits du V\u00e9ritable Disciple a d&rsquo;abord la hantise des souffrances de la masse populaire, d\u00e9christianis\u00e9e, d\u00e9laiss\u00e9e, paganis\u00e9e (&#8230;). Devait-il abandonner le Prado, au risque de compromettre une si bienfaisante extension ? (&#8230;). Le Souverain Pontife a daign\u00e9 garder le P\u00e8re Ancel au Prado, o\u00f9 il va rester, sans le refuser \u00e0 l\u2019\u00e9piscopat. \u00bb<\/p><p>Le cardinal Suhard, faisant contre mauvaise fortune bon c\u0153ur, assista en personne au sacre du nouvel \u00e9v\u00eaque, qui fut c\u00e9l\u00e9br\u00e9 \u00e0 la primatiale Saint-Jean le 25 mars, jour choisi par lui parce que, dans le calendrier liturgique, c&rsquo;est la f\u00eate de l&rsquo;Annonciation \u00e0 Marie. Mgr Lebrun, \u00e9v\u00eaque d&rsquo;Autun, et Mgr Bornet assistaient le cardinal Gerlier dans le rite d\u2019ordination. Et trois semaines plus tard, le cardinal Suhard \u00e9crira \u00e0 Mgr Ancel :<\/p><p>\u00ab Excellence et tr\u00e8s cher Seigneur,<\/p><p>\u00ab Votre lettre du 12 avril m&rsquo;exprime la joie que vous avez ressentie de ma pr\u00e9sence \u00e0 votre cons\u00e9cration \u00e9piscopale. Je tiens \u00e0 vous dire que cette joie je l&rsquo;ai ressentie moi-m\u00eame le premier. La satisfaction que j&rsquo;\u00e9prouvais de ce Sacre n&rsquo;\u00e9tait pas seulement la perspective d&rsquo;un \u00c9piscopat qui s&rsquo;av\u00e8re f\u00e9cond pour l&rsquo;\u00c9glise, mais encore la cons\u00e9cration d&rsquo;une \u0153uvre qui m&rsquo;appara\u00eet de plus en plus utile et providentiellement pr\u00e9par\u00e9e pour l&rsquo;\u00c9glise catholique dans notre pays de France.<\/p><p>\u00ab Comment ne pas admirer au surplus, l&rsquo;action de la Providence qui s&rsquo;est servie de cet homme de Dieu qu&rsquo;\u00e9tait le P\u00e8re Chevrier pour lui faire produire m\u00eame au-del\u00e0 de ses pens\u00e9es personnelles, tout l&rsquo;id\u00e9al que comporte l&rsquo;\u0153uvre dont il a lui-m\u00eame jet\u00e9 les premiers fondements ? Cette \u0153uvre devait porter dans le monde l&rsquo;id\u00e9al de la saintet\u00e9 et de la pauvret\u00e9 du Christ dans la conqu\u00eate des \u00e2mes et il se trouve qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, par la formation d&rsquo;un clerg\u00e9 qui s&rsquo;inspire de cette pens\u00e9e, l&rsquo;id\u00e9e non seulement se fait jour, mais encore s&rsquo;av\u00e8re de plus en plus assur\u00e9e et puissante&#8230; \u00bb<\/p><p>Rendant compte de la c\u00e9r\u00e9monie, le quotidien ind\u00e9pendant La Libert\u00e9 avait conclu sur un sentiment g\u00e9n\u00e9ral : \u00ab L&rsquo;\u00c9glise de Lyon peut se r\u00e9jouir, elle a bien l&rsquo;\u00e9v\u00eaque qu&rsquo;il lui faut dans les temps que nous vivons .\u00bb<\/p><p>Au Prado aussi on \u00e9tait en liesse. Aim\u00e9 Suchet dit simplement, au cours des nombreux toasts qui suivirent le repas du sacre : \u00ab Ce qui nous a surpris d&rsquo;ailleurs, ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;on ait jet\u00e9 les yeux sur notre Sup\u00e9rieur ; ses m\u00e9rites nous sont trop connus&#8230; mais c&rsquo;est que l&rsquo;abri qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait volontairement choisi en venant parmi nous, se soit r\u00e9v\u00e9l\u00e9 inefficace. \u00bb<\/p><p>(\u2026)<\/p><p><b>Alfred Ancel n\u2019\u00e9tait pas l\u2019\u00e9v\u00eaque du Prado<br \/><\/b>Olivier de Berranger (Pages 143-144)<strong>\u00a0<\/strong><\/p><p>\u2026 Alfred Ancel n&rsquo;\u00e9tait pas \u00ab l&rsquo;\u00e9v\u00eaque du Prado\u00bb, quelles que fussent les confusions qu&rsquo;en dehors de Lyon on pouvait entretenir \u00e0 ce sujet. Mais il est juste de reconna\u00eetre que sa fonction d&rsquo;\u00e9v\u00eaque, en l&rsquo;introduisant comme un \u00e9gal parmi ses pairs dans l&rsquo;\u00c9glise de France, lui ouvrit bien des portes. Son autorit\u00e9 personnelle faisant le reste, cette ordination du 25 mars 1947 eut sur l&rsquo;histoire du Prado, et, indirectement, sur celle de l&rsquo;\u00e9vang\u00e9lisation du monde ouvrier fran\u00e7ais, des r\u00e9percussions qu&rsquo;il y aurait lieu d&rsquo;\u00e9valuer. Mgr Ancel entendait distinguer, quant \u00e0 lui, ses deux fonctions tr\u00e8s astreignantes, et on se demande o\u00f9 il a trouv\u00e9 le temps d&rsquo;accomplir tant de t\u00e2ches, depuis les confirmations jusqu&rsquo;aux innombrables conf\u00e9rences et r\u00e9unions avec les groupes les plus divers. Son excellente sant\u00e9, sa capacit\u00e9 de s&rsquo;endormir sit\u00f4t la veilleuse \u00e9teinte \u00e0 une heure avanc\u00e9e de la nuit, sa souplesse \u00e9tonnante pour passer d&rsquo;un travail \u00e0 l&rsquo;autre n&rsquo;expliquent pas tout. Il avait aussi une aptitude \u00e0 vivre en pr\u00e9sence du Christ, dont il avait conscience, partout, d&rsquo;\u00eatre un \u00ab repr\u00e9sentant \u00bb.<\/p><p>L&rsquo;hypoth\u00e8se que Mgr Ancel quitte Lyon pour devenir l&rsquo;\u00e9v\u00eaque titulaire d&rsquo;un grand dioc\u00e8se fut faite plus d&rsquo;une fois&#8230; par d&rsquo;autres que lui-m\u00eame. La plus s\u00e9rieuse des alarmes qu&rsquo;il connut en ce sens ne tarda gu\u00e8re apr\u00e8s sa nomination, puisqu&rsquo;elle survint pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 la mort du cardinal Suhard le 30 mai 1949. Parmi les noms qui circulaient d\u00e9j\u00e0 depuis le d\u00e9but de la maladie de ce dernier pour son remplacement \u00e0 Paris, celui d&rsquo;Alfred Ancel revint avec une telle insistance que celui-ci crut n\u00e9cessaire d&rsquo;\u00e9crire au cardinal Gerlier :<\/p><p>\u00ab \u00c9minence,<\/p><p>\u00ab Vous ne pouvez ignorer certains pronostics qui se font \u00e0 mon sujet, concernant la succession du cardinal Suhard (&#8230;). Si jamais vous appreniez que mon nom \u00e9tait mis en avant, je vous serais reconnaissant de faire conna\u00eetre \u00e0 la nonciature, avant que l&rsquo;on ne proc\u00e8de \u00e0 des d\u00e9marches plus officielles, certaines objections que je crois, en conscience, devoir exposer (&#8230;). \u00bb Ici, le P\u00e8re Ancel mettait en avant ses \u00ab d\u00e9ficiences personnelles \u00bb. Puis : \u00abJe suis de plus en plus persuad\u00e9 que le Prado est \u0153uvre de Dieu, que le message du P\u00e8re Chevrier vient d&rsquo;en haut et que la r\u00e9novation spirituelle qu&rsquo;il a voulue-selon l&rsquo;\u00c9vangile est un moyen providentiel que Dieu a mis \u00e0 la disposition de son \u00c9glise pour qu&rsquo;elle puisse mieux s&rsquo;adapter aux besoins contemporains. Si on avait \u00e9cout\u00e9 plus t\u00f4t le message du P\u00e8re Chevrier, il me semble qu&rsquo;il ne se serait pas \u00e9tabli, entre les ouvriers et l&rsquo;\u00c9glise, cette barri\u00e8re qui para\u00eet maintenant infranchissable. La mission du P\u00e8re Chevrier date de 1856. Elle a suivi de huit ans le Manifeste du Parti communiste. Il y a des rapprochements qui s&rsquo;imposent (\u2026).\u00bb<\/p><p>Enfin, apr\u00e8s avoir rappel\u00e9 au Cardinal que le Prado est en pleine extension et lui avoir dit qu&rsquo;\u00e0 son point de vue personne n&rsquo;est encore pr\u00eat \u00e0 lui succ\u00e9der, il r\u00e9v\u00e8le pour la premi\u00e8re fois \u00e0 son archev\u00eaque un projet qu&rsquo;il a nourri en lui : \u00ab &#8230; J&rsquo;esp\u00e8re bien que, d&rsquo;ici quelques ann\u00e9es, je pourrai laisser \u00e0 d&rsquo;autres la place que j&rsquo;occupe au Prado. Je pourrais, \u00e0 ce moment-l\u00e0, demander au Souverain Pontife la permission de rejoindre nos pr\u00eatres travaillant en usine. Ils aimeraient avoir un \u00e9v\u00eaque avec eux. Certes, ils sont heureux de la confiance qui leur est t\u00e9moign\u00e9e par la hi\u00e9rarchie. Mais s&rsquo;ils avaient un \u00e9v\u00eaque avec eux, leurs camarades ouvriers comprendraient mieux qu&rsquo;ils sont d&rsquo;\u00c9glise. Restant \u00e9v\u00eaque auxiliaire de Lyon, je pourrais \u00e0 la fois, si je pouvais vivre avec eux, marquer l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;\u00c9glise et son \u00e9tablissement dans le prol\u00e9tariat.\u00bb<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-580acb3 elementor-widget elementor-widget-image\" data-id=\"580acb3\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"image.default\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"325\" height=\"729\" src=\"https:\/\/leprado.org\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Alfred-Ancel-Expo-panneau-5-Eveque-auxiliaire-2.jpg\" class=\"attachment-large size-large wp-image-5067\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/leprado.org\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Alfred-Ancel-Expo-panneau-5-Eveque-auxiliaire-2.jpg 325w, https:\/\/leprado.org\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Alfred-Ancel-Expo-panneau-5-Eveque-auxiliaire-2-134x300.jpg 134w\" sizes=\"(max-width: 325px) 100vw, 325px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-9f8742c elementor-widget elementor-widget-heading\" data-id=\"9f8742c\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"heading.default\">\n\t\t\t\t\t<h5 class=\"elementor-heading-title elementor-size-default\">Voir aussi un extrait du Blog \"En manque d'\u00e9glise\" - Alfred Ancel et Mgr Pierre-Marie Gerlier<\/h5>\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-975ac6c elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"975ac6c\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p>Extrait du Blog&nbsp;<span style=\"font-weight: 700\"><a href=\"https:\/\/www.enmanquedeglise.com\/2025\/01\/pour-voir-la-mission-des-chretiens-dans-le-monde-monde-il-devient-urgent-d-etudier-les-debuts-de-l-action-catholique-et-des-pretres-ouvriers.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">En manque d&rsquo;\u00e9glise<\/a><\/span>. Pour voir la mission des chr\u00e9tiens dans le monde, il devient urgent d\u2019\u00e9tudier les d\u00e9buts de l\u2019action catholique et des pr\u00eatres ouvriers &#8211; Article publi\u00e9 le 01<em>&nbsp;janvier 2025&nbsp;par le p\u00e8re&nbsp;<\/em><span style=\"font-weight: 700\">Michel Durand<\/span><em>, pr\u00eatre du Prado.<\/em><\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-5e5bcfa elementor-widget elementor-widget-image\" data-id=\"5e5bcfa\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"image.default\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<figure class=\"wp-caption\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img decoding=\"async\" width=\"386\" height=\"625\" src=\"https:\/\/leprado.org\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Mgr-Pierre-Marie-Gerlier.jpg\" class=\"attachment-large size-large wp-image-5137\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/leprado.org\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Mgr-Pierre-Marie-Gerlier.jpg 386w, https:\/\/leprado.org\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Mgr-Pierre-Marie-Gerlier-185x300.jpg 185w\" sizes=\"(max-width: 386px) 100vw, 386px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<figcaption class=\"widget-image-caption wp-caption-text\">Mgr Pierre-Marie Gerlier<\/figcaption>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/figure>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-197c148 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"197c148\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p>La lecture et l\u2019\u00e9tude avec Christoph Theoblad puis, les enregistrements vid\u00e9o avec Cesare Baldi \u00e0 propos de son livre\u00a0<em>L\u2019\u00c9glise c\u2019est nous\u00a0<\/em>ne peuvent que rejoindre les r\u00e9flexions de type \u201cr\u00e9vision de vie\u201d qu\u2019engendra le travail de Goulven m\u2019entretenant pour la r\u00e9daction du livre : Michel Durand, un pr\u00eatre engag\u00e9 entre fid\u00e9lit\u00e9 et insoumission.<\/p><p>De tout temps, me semble-t-il, j\u2019ai affirm\u00e9 que les communaut\u00e9s chr\u00e9tiennes des paroisses (\u00c9glises locales) n\u2019\u00e9taient pas missionnaires. On me r\u00e9pondait que, de fait, elles \u00e9taient missionnaires, essentiellement missionnaires, et que mon accusation ne tenait pas la route. Or, aujourd\u2019hui j\u2019observe encore et affirme le manquement d\u2019attitudes missionnaires de la vie ordinaire des paroisses. Je le constate \u00e0 propos de la paroisse du quartier o\u00f9 je vis d\u00e9sormais depuis plus de dix ans, la paroisse Saint-Maurice\/Saint-Alban. Je sais que dire cela ne fait pas plaisir aux paroissiens alors je tente de m\u2019expliquer, d\u2019argumenter ; il me semble que je n\u2019arrive pas vraiment \u00e0 me faire entendre. Bref, ce constat n\u2019invite-t-il pas \u00e0 une sorte de permanente r\u00e9vision de vie de fin de vie ?<\/p><p>Si j\u2019avais \u00e0 reprendre des \u00e9tudes pour entrer dans une nouvelle vie terrestre, j\u2019entreprendrais des \u00e9tudes de th\u00e9ologie pastorale, th\u00e9ologie pratique qui me ferait ouvrir les livres d\u2019histoire du d\u00e9but du XXe si\u00e8cle. Que disait-on ? Que vivait-on pastoralement pour rencontrer, \u00e9vang\u00e9liser les gens hors des paroisses avant la guerre de 1914-18 ? Je remonte au source de l\u2019Action catholique.<\/p><p>Me documentant sur Alfred Ancel, \u00e9v\u00eaque auxiliaire de Lyon, sup\u00e9rieur du Prado, j\u2019ai lu un livret publi\u00e9 en 1987, \u00e9ditions lyonnaises d\u2019art et d\u2019histoire, qui aborde la vie de Pierre-Marie Gerlier, archev\u00eaque de Lyon, 1880-1965. Cela semble \u00eatre une conf\u00e9rence donn\u00e9e par R\u00e9gis Ladous, Universit\u00e9 Jean Moulin, Lyon III, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une exposition au mus\u00e9e de Fourvi\u00e8re \u00e9voquant Pierre-Marie Gerlier. J\u2019extrais de cet expos\u00e9 quelques pages qui montrent le souci missionnaire de l\u2019\u00c9glise avec la naissance de l\u2019action catholique. Alors qu\u2019aujourd\u2019hui l\u2019\u00c9glise de France (celle que je connais maintenant) semble se replier sur le culte, voire dans ses sacristies, il me semble important de reprendre l\u2019Histoire de la mission ouvri\u00e8re, des Pr\u00eatres-Ouvriers (P.O.), des pr\u00eatres au travail, de l\u2019action catholique afin d\u2019\u00e9tudier s\u00e9rieusement la mission de l\u2019\u00c9glise en son si\u00e8cle.<\/p><p><i>Page 5<\/i><\/p><p>\u00ab\u00a01921 : ordonn\u00e9 pr\u00eatre dans la force de l&rsquo;\u00e2ge et apr\u00e8s une longue exp\u00e9rience de la vie la\u00efque, Pierre-Marie Gerlier songea naturellement \u00e0 mettre au service de l&rsquo;\u00c9glise les talents qu&rsquo;il avait prodigu\u00e9s au Palais : troquant la robe pour la soutane, il aurait voulu s&rsquo;adonner \u00e0 la pr\u00e9dication parmi les missionnaires dioc\u00e9sains de Paris. Son archev\u00eaque se souvint plut\u00f4t qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 le tr\u00e8s efficace pr\u00e9sident de l\u2019ACJF*, et le nomma tout de suite sous-directeur des \u0153uvres du dioc\u00e8se. De son action \u00e0 ce poste, un \u00e9pisode se d\u00e9tache : la fondation de la Jeunesse Ouvri\u00e8re Chr\u00e9tienne.<\/p><p>Gerlier n&rsquo;intervint qu&rsquo;au terme du processus, mais d&rsquo;une mani\u00e8re d\u00e9cisive. C&rsquo;est en 1925 que la JOC fut lanc\u00e9e officiellement, en Belgique, par l&rsquo;abb\u00e9 Joseph Cardijn. L&rsquo;ann\u00e9e suivante, il fut imit\u00e9 par Georges Gu\u00e9rin, devenu vicaire de Clichy. Mais l&rsquo;ACJF, \u00e0 direction plut\u00f4t bourgeoise, n&rsquo;entendait pas au tout se laisser d\u00e9poss\u00e9der de l&rsquo;apostolat en milieu ouvrier. \u00c0 son congr\u00e8s national de 1927, elle retint justement pour th\u00e8me l&rsquo;apostolat aupr\u00e8s des jeunes ouvriers. Le risque \u00e9tait donc de voir se constituer deux organisations rivales : une JOC fran\u00e7aise exclusivement compos\u00e9e de jeunes travailleurs, sur le mod\u00e8le belge ; et une antenne ouvri\u00e8re de l&rsquo;ACJF, essentiellement contr\u00f4l\u00e9e par la bourgeoisie. Avec, en perspective, un arbitrage pontifical et un \u00e9pisode aussi d\u00e9sagr\u00e9able que la condamnation du Sillon, en 1910 (Cf Michel Launay,\u00a0<em>R\u00e9flexion sur les origines de la J.O.C.<\/em>, in Mouvements de jeunesse, Paris 1985, pp. 224, 229, 230).<\/p><p>* Cr\u00e9ation par Albert, de Mon de l&rsquo;Action Catholique de la Jeunesse Fran\u00e7aise, 1886.<\/p><p><i>Page 11-12<\/i><\/p><p>\u00ab\u00a0Autre initiative, log\u00e9e cette fois au c\u0153ur, m\u00eame du Dioc\u00e8se de Lyon : la r\u00e9volution, pastorale amorc\u00e9e par l\u2019abb\u00e9 Laurent, R\u00e9millieux dans la paroisse nouvelle de Notre-Dame de Saint-Alban, dans l&rsquo;Est lyonnais : paraliturgies en fran\u00e7ais, messes dialogu\u00e9es, messes du soir, autel tourn\u00e9 \u00ab face au peuple \u00bb, suppression des qu\u00eates pendant les offices, participation des la\u00efcs \u00e0 la vie pastorale : ce que l&rsquo;on appela la \u00ab paroisse communautaire \u00bb. L\u00e0 encore, l&rsquo;initiative pr\u00e9c\u00e8de l&rsquo;arriv\u00e9e de Gerlier \u00e0 Lyon et ne correspond pas aux objectifs prioritaires du cardinal. L\u00e0 encore, il d\u00e9couvre, il apprend, et d\u00e9cide de soutenir R\u00e9millieux en un temps o\u00f9 des pr\u00eatres tr\u00e8s engag\u00e9s dans l&rsquo;Action catholique, voire dans la JOC, comme l&rsquo;abb\u00e9 Rodhain, tenaient le latin pour intangible, la messe du soir pour impensable, l&rsquo;autel face au peuple pour suspect et, d&rsquo;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, toute alt\u00e9ration liturgique pour semeuse d&rsquo;h\u00e9r\u00e9sies. Ne parlons pas de la Curie romaine&#8230; En 1943, la cr\u00e9ation \u00e0 Lyon du centre de pastorale liturgique officialise un soutien d&rsquo;autant plus m\u00e9ritoire que Gerlier lui-m\u00eame \u00e9tait loin de partager toutes les id\u00e9es de R\u00e9millieux et de ses disciples. En 1945 encore, le cardinal, qui \u00e9tait personnellement d&rsquo;une grande prudence en la mati\u00e8re, consid\u00e9rait la c\u00e9l\u00e9bration face au peuple (la \u00ab messe \u00e0 l&rsquo;envers \u00bb) comme \u00ab un mode exceptionnel et limit\u00e9 \u00bb (Jacques Gadille, Histoire des Dioc\u00e8ses, le dioc\u00e8se de Lyon, op., cit., p. 297). Ce fut cette prudence qui, d&rsquo;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, sauva plusieurs initiatives lyonnaises d&rsquo;une condamnation romaine et leur permit d&rsquo;aboutir, ou de se d\u00e9velopper.\u00a0\u00bb<\/p><p><i>Page 28<\/i><\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-8115310 elementor-widget elementor-widget-image\" data-id=\"8115310\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"image.default\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img decoding=\"async\" width=\"479\" height=\"709\" src=\"https:\/\/leprado.org\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Livre-Mgr-Jean-marie-Gerlier.jpg\" class=\"attachment-large size-large wp-image-5136\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/leprado.org\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Livre-Mgr-Jean-marie-Gerlier.jpg 479w, https:\/\/leprado.org\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Livre-Mgr-Jean-marie-Gerlier-203x300.jpg 203w\" sizes=\"(max-width: 479px) 100vw, 479px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-f37ba16 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"f37ba16\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><strong>Les Saints vont en Enfer<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;apparition des pr\u00eatres ouvriers a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d&rsquo;une longue pr\u00e9histoire qu&rsquo;\u00c9mile Poulat a d\u00e9crite avec minutie (Naissance des pr\u00eatres ouvriers, Paris, 1965) ; mais c&rsquo;est la deuxi\u00e8me guerre mondiale qui a permis au projet d&rsquo;aboutir et de se concr\u00e9tiser. Elle a provoqu\u00e9 en effet le transfert en Allemagne de plusieurs centaines de milliers de travailleurs fran\u00e7ais : volontaires, d\u00e9port\u00e9s du travail (STO) et \u00ab transform\u00e9s \u00bb (prisonniers de guerre ayant accept\u00e9 d&rsquo;\u00eatre transform\u00e9s en travailleurs \u00ab volontaires \u00bb).<\/p>\n<p>\u00c0 cette situation est venu s&rsquo;ajouter, du point de vue religieux, un double refus. Refus de Suhard puis de Gerlier d&rsquo;un r\u00e9gime de faveur pour les pr\u00eatres et s\u00e9minaristes touch\u00e9s par le STO : ils devaient partager le sort commun. Refus des autorit\u00e9s nazis de faire b\u00e9n\u00e9ficier les travailleurs fran\u00e7ais en Allemagne de l&rsquo;assistance spirituelle et morale d&rsquo;aum\u00f4niers fran\u00e7ais. Suhard, suivi par Gerlier, d\u00e9cid\u00e8rent alors de rompre avec une tradition s\u00e9culaire et d&rsquo;autoriser des pr\u00eatres \u00e0 exercer leur minist\u00e8re sacerdotal dans la clandestinit\u00e9, ce qui les obligeait \u00e9videmment \u00e0 ne se distinguer en rien du gros des immigr\u00e9s fran\u00e7ais et \u00e0 travailler \u00e0 temps plein dans les usines, les chantiers et les fermes du Reich. Ajoutons que dans les camps de prisonniers de guerre et les camps de concentration, de nombreux pr\u00eatres se trouv\u00e8rent eux aussi dans la n\u00e9cessit\u00e9 de vivre leur sacerdoce en rupture compl\u00e8te avec le mod\u00e8le classique.<\/p>\n<p>Mais ce n&rsquo;est pas seulement \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des fronti\u00e8res du Grand Reich que la guerre favorisa ruptures et initiatives. La d\u00e9faite-\u00e9clair de la France provoqua un examen de conscience qui r\u00e9actualisa le th\u00e8me d\u00e9j\u00e0 ancien de la \u00ab&nbsp;France, pays de mission&nbsp;\u00bb, tout en renouvelant compl\u00e8tement la conception traditionnelle de la mission int\u00e9rieure. L\u00e0, encore, ce fut Suhard, qui fit \u0153uvre de pionnier et fonda, en pleine guerre, la Mission de France, puis la Mission de Paris. Mais Gerlier suivi le mouvement et contribua puissamment \u00e0 son essor gr\u00e2ce \u00e0 son prestige, \u00e0 ses talents d&rsquo;organisateur, \u00e0 ses dons de m\u00e9diateur habile \u00e0 g\u00e9rer les situations difficiles et conflictuelles.<\/p>\n<p>Car il y eut conflit ; et le plus extraordinaire dans cette affaire est que Gerlier aurait d\u00fb normalement se trouver dans le camp des adversaires des pr\u00eatres ouvriers. En effet la Mission de France et la Mission de Paris peuvent se d\u00e9finir par une triple rupture par rapport \u00e0 la lourdeur d&rsquo;une Action catholique \u00ab emparoissialis\u00e9e \u00bb, \u00e0 la tradition sulpicienne du sacerdoce, et aux organisations confessionnelles comme la CFTC. Or Gerlier restait tr\u00e8s attache \u00e0 l&rsquo;Action catholique, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 la collaboration des la\u00efcs et de la hi\u00e9rarchie dans le cadre de la paroisse. Il avait \u00e9t\u00e9 form\u00e9 par les Messieurs de Saint-Sulpice et demeura toute sa vie le partisan de la vie sacerdotale sous sa forme la plus traditionnelle : ce fut ainsi que le 17e Congr\u00e8s Eucharistique national, qui se tint \u00e0 Lyon en 1959, lui fournit l&rsquo;occasion de c\u00e9l\u00e9brer avec faste le centenaire de la mort du saint cur\u00e9 d&rsquo;Ars. Il recommandait volontiers aux catholiques de s&rsquo;engager dans le syndicalisme chr\u00e9tien, alors que le conflit entre ce dernier et la nouvelle formule missionnaire fut tellement aigu\u00eb que le pr\u00e9sident de la CFTC, Gaston Tessier, alla jusqu&rsquo;\u00e0 assigner les pr\u00eatres ouvriers en diffamation devant le tribunal eccl\u00e9siastique. Tout cela n&#8217;emp\u00eacha pas Gerlier d&rsquo;encourager, en 1946, l&rsquo;apparition des pr\u00eatres ouvriers dans son dioc\u00e8se.<\/p>\n<p>Cette ouverture d&rsquo;esprit rel\u00e8ve sans doute de ce que Jean Guitton appelle le don de \u00ab seconde adolescence \u00bb, cette capacit\u00e9 qu&rsquo;ont des \u00eatres d&rsquo;exception de se renouveler ou d&rsquo;accueillir le renouveau alors qu&rsquo;ils ont atteint un \u00e2ge d\u00e9j\u00e0 avanc\u00e9. Mais on peut tout aussi bien souligner la continuit\u00e9 d&rsquo;une attitude : Gerlier, peu doctrinaire, n&rsquo;a jamais voulu d\u00e9sesp\u00e9rer personne ni d\u00e9courager aucune initiative d\u00e8s qu&rsquo;il flairait la qualit\u00e9 des pionniers, l&rsquo;esp\u00e9rance qu&rsquo;ils portaient en eux et la n\u00e9cessit\u00e9 de leur entreprise. Or il y avait n\u00e9cessit\u00e9, et m\u00eame urgence. La France de 1946 est un pays o\u00f9 un \u00e9lecteur sur quatre votes communistes, o\u00f9 les partis r\u00e9put\u00e9s marxistes (PCF et SFIO) d\u00e9tiennent les deux tiers des si\u00e8ges \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale. Dans l&rsquo;agglom\u00e9ration lyonnaise, 7 % des contrema\u00eetres et ouvriers qualifi\u00e9s, 1,4 % des O.S. pratiquent r\u00e9guli\u00e8rement ou occasionnellement la religion catholique. Il est \u00e9vident que de ce c\u00f4t\u00e9-la les gros bataillons n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 touch\u00e9s par l&rsquo;Action catholique ou le syndicalisme chr\u00e9tien, et n&rsquo;ont que de tr\u00e8s lointains rapports avec les pr\u00eatres de paroisse.<\/p>\n<p>Autoritaire sans autoritarisme, Gerlier se plaisait au conseil et fut bien \u00e9clair\u00e9 sur ces questions par des hommes de la trempe de l&rsquo;abb\u00e9 Ancel &#8211; dont il sera question plus loin \u2014 ou encore par les th\u00e9ologiens de Fourvi\u00e8re. Ceux-ci, pendant et apr\u00e8s la guerre, ont jou\u00e9 un r\u00f4le essentiel dans cette \u00ab large effervescence intellectuelle li\u00e9e \u00e0 la perception diffuse d&rsquo;une situation culturelle nouvelle. Il fallait \u00eatre chr\u00e9tien non plus contre un monde qui ne l&rsquo;\u00e9tait plus et devait le redevenir, mais dans un monde o\u00f9 l&rsquo;identit\u00e9 chr\u00e9tienne faisait de plus en plus probl\u00e8me \u00bb. Devait-on s&rsquo;efforcer de reconstruire une cit\u00e9 chr\u00e9tienne (th\u00e8se de l&rsquo;Action catholique) ou ne plus songer qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;animation d&rsquo;un monde s\u00e9cularis\u00e9 (th\u00e8se des pr\u00eatres ouvriers) ? Certains, amoureux de logique ou peu sensible aux vertus du pluralisme, estimaient que les deux th\u00e8ses s&rsquo;excluaient radicalement. D&rsquo;autres, pragmatiques, pasteurs avant tout et dou\u00e9s d&rsquo;un regard p\u00e9riscopique, pensaient qu&rsquo;il fallait parer au plus press\u00e9 et qu&rsquo;il y avait de la place pour tous dans l&rsquo;\u00e9norme t\u00e2che d&rsquo;\u00e9vang\u00e9lisation qui s&rsquo;imposait \u00e0 l&rsquo;Eglise de France.<\/p>\n<p>Gerlier appartenait \u00e0 ce dernier type, bien s\u00fbr ; il accepta les cur\u00e9s en salopette ou en bleu de chauffe car pour lui il n&rsquo;y avait pas \u00e0 choisir entre les deux formules, l&rsquo;Action catholique et les pr\u00eatres ouvriers ; sa pr\u00e9f\u00e9rance allait \u00e0 la premi\u00e8re, mais il \u00e9tait bien conscient, comme Suhard, qu&rsquo;il \u00ab fallait annoncer l&rsquo;Evangile \u00e0 une r\u00e9volution \u00bb et que l&rsquo;enjeu m\u00e9ritait des moyens exceptionnels. A long terme, le cardinal restait attach\u00e9 \u00e0 la strat\u00e9gie de type ACJF. A court terme, il reconnaissait l&rsquo;utilit\u00e9 de la tactique \u00ab pr\u00eatres ouvriers \u00bb, \u00e0 condition qu&rsquo;elle ne f\u00fbt pas pr\u00e9sent\u00e9e comme un mod\u00e8le absolu de vie sacerdotal mais comme une formule d&rsquo;exception impos\u00e9e par les circonstances.<\/p>\n<p>Cardinal des orages, il soutint l&rsquo;engagement des pr\u00eatres ouvriers au moment o\u00f9, en pleine guerre froide, se durcissait un contentieux global entre l\u2019Eglise de France et la Curie romaine. Deux dates balisent ce durcissement : le d\u00e9cret du Saint-Office du 1er juillet 1949 qui renouvelait la condamnation du communisme et permit de d\u00e9manteler m\u00e9thodiquement les entreprises qui se disaient ou que certains informateurs disaient \u00ab progressistes \u00bb (l&rsquo;on a vu comment le cat\u00e9chiste Joseph Colomb fut sauv\u00e9 in extremis par Gerlier). L&rsquo;encyclique&nbsp;<em>Humani generis<\/em>&nbsp;de 1950, elle, visait les ex\u00e9g\u00e8tes, les historiens, les philosophes, avec Fourvi\u00e8re dans le collimateur (Gerlier dut se faire le saint-bernard du p\u00e8re de Lubac, interdit d&rsquo;enseigner pendant dix ans). On le voit, l&rsquo;exp\u00e9rience des pr\u00eatres ouvriers ne se d\u00e9veloppa pas dans un climat de grande s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, d&rsquo;autant plus que les \u00ab media \u00bb s&#8217;empar\u00e8rent de leur cas ; le roman que leur consacra Gilbert Cesbron,&nbsp;<em>Les Saints vont en Enfer,&nbsp;<\/em>fut un best-seller.<\/p>\n<p>Mais ce fut bien pour des raisons fondamentales, ind\u00e9pendantes de la conjoncture imm\u00e9diate, qu&rsquo;en 1953 le pape Pie XII signifia aux responsables de l&rsquo;Eglise de France son intention d&rsquo;interrompre l&rsquo;exp\u00e9rience. Gerlier, avec Feltin de Paris et Li\u00e9nard de Lille, prirent aussit\u00f4t le train. Venus tout expr\u00e8s \u00e0 Rome pour dissuader le pape, persuad\u00e9s de surcro\u00eet qu&rsquo;ils y r\u00e9ussiraient, ce furent eux au contraire qui furent persuad\u00e9s. Pie XII \u00ab avait pour lui la logique d&rsquo;un syst\u00e8me \u00bb ou, si l&rsquo;on pr\u00e9f\u00e8re, la logique d&rsquo;une conception coh\u00e9rente, int\u00e9grale et exclusive du sacerdoce. Deux bases pour cette conception : d&rsquo;abord la conception tridentine, qui fait du pr\u00eatre un homme \u00e0 part ; puis la conception militante de L\u00e9on XIII, l&rsquo;id\u00e9e de ce tandem aum\u00f4nier-la\u00efc qui fonde l&rsquo;Action catholique. Tout au plus les trois cardinaux sauv\u00e8rent-ils l&rsquo;avenir en \u00e9vitant que f\u00fbt explicitement condamn\u00e9 le principe m\u00eame du pr\u00eatre au travail.<\/p>\n<p>Parmi les pr\u00eatres ouvriers qui refus\u00e8rent de se soumettre, en 1954, il faut compter, \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s, les \u00e9quipes de Lyon et de Saint-Etienne. Ce fut pour Gerlier une grande souffrance, et cruelle \u00e0 double titre : \u00ab Il avait esp\u00e9r\u00e9 que, par eux, le Christ et l&rsquo;Eglise pourraient p\u00e9n\u00e9trer plus avant au c\u0153ur du monde ouvrier ; et, par ailleurs, ils \u00e9taient ses fils sp\u00e9cialement aim\u00e9s. Sans leur donner raison, il se refusa \u00e0 porter des sanctions, gardant assez de confiance en eux et d&rsquo;affection pour eux pour croire patiemment \u00e0 leur retour un jour.<\/p>\n<p>Les pr\u00eatres ouvriers furent mis en r\u00e9serve de l&rsquo;Eglise au moment o\u00f9 le dioc\u00e8se de Lyon modifia ses fronti\u00e8res, s&rsquo;\u00e9tendit vers l&rsquo;Est et annexa la grande commune ouvri\u00e8re de Villeurbanne.<\/p>\n<p>A Lyon m\u00eame, Gerlier r\u00e9ussit non seulement \u00e0 sauver l&rsquo;avenir mais encore \u00e0 poursuivre l&rsquo;exp\u00e9rience, d&rsquo;une mani\u00e8re plus modeste, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;abb\u00e9 Ancel et ses pr\u00eatres du Prado. Professeur de philosophie \u00e0 l&rsquo;Institut catholique de la rue du Plat, Alfred Ancel fut \u00e9lu sup\u00e9rieur des pr\u00eatres du Prado en 1942. Fond\u00e9e au XIXe si\u00e8cle par le p\u00e8re Chevrier pour \u00e9vang\u00e9liser les pauvres, la communaut\u00e9 du Prado fut vigoureusement prise en main et d\u00e9velopp\u00e9e par Ancel, qui, en 1946, envoya quelques pradosiens en usine. Gerlier sanctionna cette initiative avec \u00e9clat en sollicitant Pie XII, en 1947, de nommer l&rsquo;abb\u00e9 Ancel, \u00e9v\u00eaque auxiliaire. Mgr Ancel d\u00e9veloppa dans le quartier populaire de Gerland un patronage interparoissial pour l&rsquo;accueil des travailleurs immigr\u00e9s, ainsi qu&rsquo;un centre de r\u00e9\u00e9ducation mod\u00e8le (Jacques Gadille,&nbsp;<em>Histoire des dioc\u00e8ses, le dioc\u00e8se de Lyon<\/em>, Paris 1983, p. 288). D&rsquo;autre part il s&#8217;employa \u00e0 implanter la communaut\u00e9 dans le monde entier. (En 1965, avec plus de 700 affili\u00e9s, elle \u00e9tait pr\u00e9sente dans 76 dioc\u00e8ses fran\u00e7ais et 14 dioc\u00e8ses \u00e9trangers).<\/p>\n<p>A la fin de 1954, Mgr Ancel fut autoris\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er \u00e0 Gerland une communaut\u00e9 de travail qui respectait &#8211; du moins Gerlier parvint \u00e0 en persuader Rome \u2014 les interdits pontificaux de 1953 : pas d&rsquo;engagement syndical ou politique et, dans la grande tradition lyonnaise des canuts, travail manuel \u00e0 domicile. Pas question d&rsquo;usine, pas de promiscuit\u00e9 avec le communisme ath\u00e9e, et des horaires souples compatibles avec l&rsquo;exercice d&rsquo;activit\u00e9s sacerdotales de type classique. Ce fut ainsi qu&rsquo;en compagnie de deux pr\u00eatres et de deux fr\u00e8res du Prado, Mgr Ancel devint le premier \u00e9v\u00eaque ouvrier de France. Lui d\u00e9nier cet \u00e9pith\u00e8te d&rsquo;ouvrier serait oublier que le tissu industriel de la France \u00e9tait loin de se r\u00e9sumer au monde des usines, mais \u00e9tait anim\u00e9 par une multitude de petits ateliers de sous-traitance &#8211; ce que fut bien la communaut\u00e9 de Mgr Ancel (Emile Poulat, Une Eglise \u00e9branl\u00e9e, Paris 1980, p. 137).<\/p>\n<p>C&rsquo;\u00e9tait discret, modeste, mais encore trop visible pour certaines autorit\u00e9s romaines. Il est vrai que Gerlier, ses coll\u00e8gues de Lille et de Paris et d&rsquo;autres \u00e9v\u00eaques fran\u00e7ais firent beaucoup pour rouvrir le dossier en haut lieu quand ils r\u00e9dig\u00e8rent, \u00e0 la fin de 1958, une note qui soulignait la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une pr\u00e9sence sacerdotale \u00e0 temps complet dans les usines et sur les chantiers. En 1959, les pr\u00eatres du Prado re\u00e7urent du Saint-Office l&rsquo;ordre d&rsquo;abandonner tout travail manuel. Ils se soumirent imm\u00e9diatement. Ce fut alors que Mgr Ancel pr\u00e9cisa que l&rsquo;apostolat au Japon (d&rsquo;o\u00f9 il revenait) lui semblait, malgr\u00e9 d&rsquo;exceptionnelles difficult\u00e9s, \u00ab moins difficile que l&rsquo;apostolat dans le milieu ouvrier fran\u00e7ais \u00bb (Emile Poulat). Restait tout l&rsquo;autre pan de l&rsquo;\u0153uvre de Gerland : l&rsquo;accueil dies travailleurs immigr\u00e9s. Et, dans la France de 1959, ce n&rsquo;\u00e9tait pas l\u00e0 une activit\u00e9 particuli\u00e8rement paisible. Elle fournit \u00e0 Gerlier l&rsquo;occasion de se r\u00e9affirmer comme un d\u00e9fenseur des droits de la personne humaine et aussi comme un grand avocat habile \u00e0 confondre certains policiers au z\u00e8le un peu intempestif.<\/p>\n<p><strong>Dans la guerre d\u2019Alg\u00e9rie<\/strong><\/p>\n<p>1954, ce fut la fin brutale de l&rsquo;exp\u00e9rience des pr\u00eatres en usine ; ce fut aussi le d\u00e9but d&rsquo;une guerre qui entra\u00eena des r\u00e9percussions particuli\u00e8res dans le dioc\u00e8se de Lyon, o\u00f9 les travailleurs alg\u00e9riens \u00e9taient nombreux. Du point de vue eccl\u00e9siastique, la situation se compliquait du fait que le cardinal Gerlier n&rsquo;avait pas seulement soutenu les efforts de Mgr Ancel et de ses pradosiens pour organiser une v\u00e9ritable assistance sociale des Alg\u00e9riens : il avait \u00e9galement autoris\u00e9 des pr\u00eatres \u00e0 vivre compl\u00e8tement avec eux ; mieux : il les avait express\u00e9ment d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s \u00e0 leur service. \u00ab Mes fr\u00e8res \u00bb, d\u00e9clara-t-il un jour dans la chaire de sa Primatiale, \u00ab comme \u00e9v\u00eaque, je suis responsable devant Dieu qui m&rsquo;en demandera compte, de tous les habitants de ce dioc\u00e8se et m\u00eame de chacun, f\u00fbt-il un musulman \u00bb.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9claration rel\u00e8ve de la plus saine doctrine ; elle exprime aussi une grande g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et une grande intelligence de la condition des immigr\u00e9s. Pierre-Marie Gerlier aimait r\u00e9p\u00e9ter cette confidence de l&rsquo;un d&rsquo;eux : \u00ab Ce qui nous fait mal, ce n&rsquo;est pas d&rsquo;avoir faim, d&rsquo;avoir froid, mais c&rsquo;est de nous sentir m\u00e9pris\u00e9s \u00bb. Lorsque des mouvements nationalistes comme le FLN s&rsquo;implant\u00e8rent dans la communaut\u00e9 alg\u00e9rienne de Lyon, la situation de plusieurs pr\u00eatres devint vite d\u00e9licate. Dans les p\u00e9riodes les plus difficiles, le cardinal les soutint et les d\u00e9fendit toujours \u00e9nergiquement, comme il prit la d\u00e9fense de T\u00e9moignage chr\u00e9tien, en mars 1958, alors que ce journal \u00e9tait devenu la cible de tous ceux qui n&rsquo;envisageaient pour l&rsquo;Alg\u00e9rie qu&rsquo;une solution militaire.<\/p>\n<p>Au mois d&rsquo;octobre suivant, un policier des Renseignements g\u00e9n\u00e9raux de Lyon informa la presse qu&rsquo;une quinzaine d&rsquo;Alg\u00e9riens appr\u00e9hend\u00e9s et interrog\u00e9s avaient mis en cause trois pr\u00eatres du Prado. Les abb\u00e9s Carteron, Chaize et Magnin \u00e9taient accus\u00e9s d&rsquo;avoir servi de r\u00e9partiteurs de fonds pour le FLN. En fait l&rsquo;abb\u00e9 Carteron s&rsquo;\u00e9tait born\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er une caisse d&rsquo;entraide pour les familles des Alg\u00e9riens emprisonn\u00e9s. Quant aux abb\u00e9s Chaize et Magnin, ils avaient simplement offert l&rsquo;hospitalit\u00e9 \u00e0 ce service en pr\u00eatant un des bureaux du Prado. Rien de clandestin dans cette activit\u00e9, qui \u00e9tait parfaitement connue par les sup\u00e9rieurs des trois pr\u00eatres inculp\u00e9s, Mgr Ancel et le cardinal en personne.<\/p>\n<p>Tandis que l&rsquo;abb\u00e9 Magnin \u00e9tait inculp\u00e9 d&rsquo;atteinte \u00e0 la s\u00fbret\u00e9 du territoire, l&rsquo;abb\u00e9 Carteron attendit la fin de l&rsquo;enqu\u00eate polici\u00e8re pour se pr\u00e9senter directement devant le juge d\u2019instruction ; et il le fit en accord avec ses sup\u00e9rieurs. C&rsquo;est qu&rsquo;il se passait parfois d&rsquo;\u00e9tranges choses, alors, dans certains commissariats. De Rome, o\u00f9 il \u00e9tait retenu par le conclave, Pierre-Marie Gerlier ne se contenta pas d&rsquo;intervenir pour faire cesser les poursuites. Il passa \u00e0 la contre-attaque et d\u00e9non\u00e7a la torture : \u00ab Pour \u00e9tayer ces accusations, certains membres de la police \u2014 je dis certains membres \u2014 n&rsquo;auraient pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 faire souscrire aux suspects musulmans des d\u00e9clarations dont le caract\u00e8re mensonger est ais\u00e9 \u00e0 discerner. Pour y parvenir, ils n&rsquo;auraient pas recul\u00e9 devant l&#8217;emploi de la violence et des s\u00e9vices les plus graves (&#8230;) Je me crois en droit d&rsquo;affirmer que tels de ceux qui ont subi ces traitements a \u00e9t\u00e9 mis dans un \u00e9tat physique et moral grave \u00bb (H. Hamon et P. Rotman,&nbsp;<em>Les porteurs de valises<\/em>, Paris 1981, p. 122).<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-e3db9fe elementor-widget elementor-widget-image\" data-id=\"e3db9fe\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"image.default\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<figure class=\"wp-caption\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"508\" height=\"765\" src=\"https:\/\/leprado.org\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Mgr-Alfred-Ancel-lunettes.jpg\" class=\"attachment-large size-large wp-image-5135\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/leprado.org\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Mgr-Alfred-Ancel-lunettes.jpg 508w, https:\/\/leprado.org\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Mgr-Alfred-Ancel-lunettes-199x300.jpg 199w\" sizes=\"(max-width: 508px) 100vw, 508px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<figcaption class=\"widget-image-caption wp-caption-text\">Mgr Alfred Ancel<\/figcaption>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/figure>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auxiliaire \u00e0 vieOlivier de Berranger (Pages 139-141) Par une journ\u00e9e froide de l&rsquo;hiver, le P\u00e8re Joseph Ancel raconte qu&rsquo;il rencontra par hasard son fr\u00e8re Alfred place Bellecour. 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