Du 25 janvier au 4 février 2026 s’est tenue à Limonest l’Assemblée des prêtres du Prado de France. Lors de la messe du dimanche 1er février, à la Chapelle de la Maison d’accueil du Prado Saint-André, c’est le père Diego MARTÍN PEÑAS qui a prononcé l’homélie, guidant l’assemblée par sa réflexion spirituelle.
Jésus, notre seul Maître, le seul que nous voulons écouter, est assis ce matin à nos côtés sur la montagne de notre assemblée, de notre vie. Avec sa patience habituelle, car il connaît bien notre maladresse, il nous dévoile la Bonne Nouvelle de son Père.
- Reconnaissants pour le don de la pauvreté
La pauvreté est un cadeau que le Père a fait à Jésus et auquel Jésus nous permet de participer. C’est Dieu qui veut notre pauvreté : « Je laisserai chez toi un peuple pauvre et petit ». En Europe, l’Église et la famille pradosienne sont ce peuple pauvre et petit, mais au lieu de voir comme une grâce ce chemin d’humilité, nous y résistons. Nous avons du mal à être une Église telle que Paul nous la propose à Corinthe, contrastant par sa pauvreté avec les valeurs de notre monde.
La pauvreté est la condition pour pouvoir vivre dans la confiance du Seigneur et pour être plus utiles au service de nos frères : « Il (le peuple pauvre) prendra pour abri le nom du Seigneur ». La pauvreté est un don, une grâce pour laquelle nous devons vivre dans la gratitude. Un signe évident de la présence de Dieu dans notre monde. Le Prado s’est beaucoup développé au Brésil parce qu’un prêtre de ce pays, aujourd’hui évêque émérite, a entendu un membre du Prado dire « la pauvreté est une grâce » et a également vu la pauvreté dans sa vie.
- La pauvreté est le commencement des autres béatitudes
Le texte évangélique que nous venons d’entendre est un portrait fidèle du visage de Jésus.
Nous y apprécions son mode de vie, qui commence par la pauvreté du cœur. Car la pauvreté, la crèche, comme nous le rappelle le Père Chevrier, est le commencement de l’œuvre de Dieu. La pauvreté est la condition qui nous conduit à vivre les autres dimensions de l’Évangile.
Comme nous le rappelle le Père Ancel, Jésus est « ontologiquement » pauvre. Il est pauvre depuis le fond de son être, dans chacune de ses pensées et de ses actions, à chaque instant de sa vie. Et parce qu’il est pauvre de cette manière, il est pour nous le modèle de la nouvelle humanité, de l’humanité que veut le Père : parce qu’il est pauvre, Jésus compatit à la souffrance des autres et est capable de pleurer ; parce qu’il est pauvre, Jésus rejette la violence et devient artisan de paix ; parce qu’il est pauvre, Jésus a pitié des misères et des péchés de ses frères, aussi grands soient-ils ; parce qu’il est pauvre, Jésus lutte contre les injustices dont souffrent les nécessiteux ; parce qu’il est pauvre, il est conduit au bois, où il donne sa vie pour ses frères.
La pauvreté est le point de départ, à partir duquel nous pouvons nous aussi incarner la nouvelle humanité de Jésus, dont nous parle Gaudium et Spes.
- La pauvreté est un chemin vers le bonheur
La pauvreté évangélique consiste, comme nous le savons, à renoncer aux biens terrestres parce que nous avons trouvé le bien suprême dans le Royaume du Père. Jésus considère le Père comme la chose la plus importante dans sa vie et, pour cette raison, il est capable de renoncer même à la nourriture. Il est resté quarante jours sans manger, car, comme il l’a dit à ses disciples, il avait une nourriture qu’ils ne connaissaient pas : faire la volonté de son Père. Cependant, dans notre monde, la pauvreté est considérée comme un malheur en raison de la tyrannie de l’argent qui nous guette.
Mais dans notre vie, nous expérimentons peu à peu ce bonheur que procure la pauvreté.
De plus, c’est Jésus lui-même qui nous enseigne par sa vie et par sa parole que le chemin du ciel commence par la pauvreté. Et nous devons l’écouter, car, comme nous le dit le Père Chevrier : « Le Maître l’a dit et cela nous suffit » (VD 99). Le disciple ne discute pas et ne doute pas de la parole du maître, mais l’accepte avec obéissance et amour. Aujourd’hui, Jésus nous dit que les pauvres d’esprit sont heureux. Mais il y a un autre passage de l’Évangile de Jean qui insiste sur cette idée. À la fin de la Cène, après s’être présenté comme un serviteur qui lave les pieds des disciples et nous avoir invités à faire de même, Jésus nous dit : « Heureux êtes-vous, si vous savez cela et le mettez en pratique ».
Si nous embrassons la pauvreté et nous consacrons au service, nous entrerons sur le chemin de la vraie joie.
Aujourd’hui est un jour pour revoir notre accueil du don de la pauvreté. Pour identifier nos résistances et essayer de les surmonter. Pour remercier Dieu du peu que nous comprenons et vivons. Que Marie de Nazareth, image du peuple pauvre et petit que Dieu aime, intercède auprès de son fils afin qu’il répande sur nous le don de la belle pauvreté.
Diego Martín Peñas
Responsable Général des prêtres et frères du Prado