« Bienheureux Antoine Chevrier : Suivre Jésus pauvre »

Brève vie du Bienheureux Antoine Chevrier

Antoine Chevrier est né le 16 avril 1826 à Lyon, près de la place Bellecour. Son père était employé, et sa mère ouvrière dans la soie. Il reçut une éducation stricte. Très tôt, il a été un garçon dévoué et serviable avec une grande foi en Dieu.

Antoine Chevrier (1er à gauche assis au 1er rang)
Sa vie de prêtre

Il est ordonné prêtre le 25 mai 1850 pour le diocèse de Lyon. Trois jours après, nommé vicaire à la paroisse Saint-André dans le quartier de La Guillotière à Lyon, il est très touché par les conditions de vie si pauvres des gens qu’il rencontre. D’emblée, la situation sociale du quartier le bouleverse.

En effet, La Guillotière est un quartier de Lyon très peuplé où règne la pauvreté, la misère. Les habitants travaillent dans des conditions déplorables pour des salaires très bas. Ils travaillent surtout dans le textile, la métallurgie et l’industrie chimique. Les journées de travail sont dures et longues 10 à 12h. Les ouvriers habitent des maisons pauvres en briques au milieu des usines et des ateliers.

Très vite, Antoine Chevrier souffre de ne pas pouvoir faire plus pour toutes ces personnes pauvres. À la suite des inondations du quartier de La Guillotière en mai 1856, il est touché par la situation de toutes ces familles qui sont relogées à la Cité de l’Enfant-Jésus, grâce à la générosité d’un laïc, Camille Rambaud. À la suite de Jésus, Antoine Chevrier veut être proche d’eux. Il rêve de prêtres pauvres et de catéchistes qui aiment les pauvres. La nuit de Noël 1856, en priant devant la crèche de l’église Saint-André, il comprend comment, là où il est, il peut suivre son Seigneur pauvre parmi les pauvres. Il décide alors de se faire pauvre lui-même pour vivre au milieu des pauvres en proclamant ce message autour de lui : “Nous ne sommes pas des êtres abandonnés de Dieu, nous avons un père qui nous aime”. L’année suivante, Antoine Chevrier sera nommé à la Cité de l’Enfant-Jésus pour faire le catéchisme aux enfants. 

La naissance du Prado – 10 décembre 1860

Trois ans plus tard, Antoine Chevrier passe devant une grande salle de bal en fort mauvais état et qui est à vendre. Antoine Chevrier sent que ce lieu est un appel de Dieu sur ce qu’il doit faire : trouver une grande maison pour accueillir les pauvres. Le 10 décembre 1860, la salle de bal nommée “Le Prado” est achetée, et aménagée peu à peu. Au Prado, pendant six mois, environ 50 enfants et adolescents parmi les plus démunis sont accueillis avec douceur, bienveillance et amour. C’est comme une école où ils sont soignés, traités avec respect et instruits ; ils y apprennent à connaître Jésus. Pour tout cela, le père Chevrier est aidé par des laïcs : Pierre Louat, Amélie Vésignat et Marie Boisson qui deviendra la première soeur du Prado. Des sans-abris sont également reçus au Prado. Le père Chevrier en témoigne auprès des séminaristes qu’il forme : “Nous sommes les serviteurs des pauvres ; ils peuvent disposer de nous et de tout ce qui est à notre usage : notre temps, notre santé, notre vie leur appartient”.

Tous ces pauvres, il faut les loger, les nourrir, les chauffer… Antoine Chevrier compte sur la Providence : ce sont les pauvres et les ouvriers qui apportent au Prado ce qu’il faut pour vivre. Parfois, quand le nécessaire vient à manquer, Antoine Chevrier va mendier… au risque de se faire arrêter par la police ! 

Antoine travaille beaucoup, l’Évangile le passionne. Chaque parole et action de Jésus illuminent sa vie. Il souhaite que tous puissent connaître Jésus Christ. Pour cela, il forme un petit groupe de prêtres pour qui il écrit un livre “Le véritable disciple”. En fait, c’est une grande famille spirituelle qu’il fonde : des frères et des sœurs du Prado sont associés aux prêtres pour évangéliser les plus pauvres. À tous, il propose de devenir de véritables disciples du Christ.

Le père Antoine Chevrier est avant tout un homme de prière, ceux qui l’ont connu ont raconté combien il parlait de Jésus avec amour. Au cours de sa vie pourtant si occupée, il se retirait souvent pour prier dans une maisonnette, à Saint-Fons, près de Lyon. Sur les murs d’une pièce de celle-ci, il a lui-même inscrit son message : Être pauvre comme Jésus à la crèche, s’oublier soi-même comme Jésus Christ sur la croix et se donner à tous comme Jésus dans l’eucharistie. 

À force de travailler et de se donner complètement, le père Antoine Chevrier meurt à 53 ans, pauvre et souffrant comme Jésus. Plus de 10 000 personnes accompagneront son cercueil jusqu’à la chapelle du Prado où il repose. 


La famille spirituelle du Prado aujourd’hui

Aujourd’hui, la famille spirituelle du Prado rassemble des prêtres diocésains dans une quarantaine de pays. Elle comprend aussi des laïques et des laïcs consacrés, des soeurs, des diacres et des laïcs. Dans le monde entier, ils sont proches des populations les plus démunies dans les paroisses et les quartiers pauvres. Ils s’occupent en particulier des immigrés, des jeunes chômeurs, des personnes âgées, des prisonniers.

Antoine Chevrier a été béatifié par le pape Jean-Paul II le 4 octobre 1986 à Lyon, le jour de la fête de Saint François d’Assise, le poverello, dernier hommage à celui qui avait choisi lui aussi de donner sa vie pour le service des petits et des pauvres.  (5040)

Rédaction anonyme non datée

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Photo extraite de la vidéo du compte Instagram @Christinfluence