« Bienheureux Antoine Chevrier : Suivre Jésus pauvre »

Une histoire qui plonge ses racines dans le terreau franciscain : le Père Chevrier engage la famille dans le « Tiers-ordre » franciscain, non pour suivre une règle franciscaine, mais parce que, comme saint François, la seule règle est celle de l’Évangile. Au cours de leur histoire, les prêtres du Prado sont toujours restés des prêtres diocésains et non des religieux.

Le développement des prêtres et laïcs consacrés du Prado

En 1934, le Prado sortait de Lyon. En 1956, il sort de France vers l’Espagne. L’année suivante, des pradosiens sont envoyés au Maroc. Dans les années 50, des demandes arrivent au Prado pour envoyer des prêtres Fidei Donum en Amérique latine, dans le monde arabe, en Afrique, au Vietnam… Il y eut en 1958 des départs vers l’Extrême Orient, l’Afrique occidentale et l’Amérique du Sud. En majorité, la demande des évêques locaux était la formation et le soutien du clergé local.

Le Prado se développe parmi le clergé de différents pays. Il commence à pouvoir s’organiser en Espagne, en Italie, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Il nait dans plusieurs autres pays. Les structures du Prado sont modifiées en 1967, après le Concile qui accéléra ce développement à l’international.

  • 4 « Prado érigés » sont reconnus et structurés : France, Espagne, Italie, et Moyen-Orient.
  • Un « Conseil Général » est constitué de Mgr Ancel, supérieur général, un assistant et un délégué de chaque Prado « érigé ».
  • Le « Prado de France » s’organise et un responsable est nommé.


En 2026, les prêtres sont plus de 1000 et les laïcs consacrés 15. Ils sont présents sur les 4 continents dans une quarantaine de pays, en Espagne, en Italie, en Afrique occidentale et du Nord, au Moyen et en Extrême-Orient, ainsi qu’en Amérique du Sud. Le nombre de membres est très variable selon le pays. Le Prado de Corée et du Brésil sont devenus « Prado érigés ». Le continent africain connait aussi un développement, des prêtres Fidei donum en France, en Espagne, découvrent le Prado dans leur pays d’accueil.

Mgr Ancel, évêque auxiliaire de Lyon

L’archevêque de Paris et la Saint Siège avaient bien l’intention de confier à ce prêtre d’exception la charge d’un diocèse. Le cardinal Gerlier proposa à Pie XII cette solution de le nommer évêque auxiliaire de Lyon, pour ne pas l’enlever au Prado. Il est ordonné le 25 mars 1947. Sans être ‘l’évêque du Prado’, cette fonction lui donna un rayonnement et des contacts bien au-delà de l’institut, et permit au Prado de poursuivre sa croissance.

Mgr Ancel joua un grand rôle par sa personnalité exceptionnelle pour le développement international tant de l’Institut des prêtres que des sœurs du Prado. Il activa aussi la création d’une branche de « laïques » femmes consacrées qui est devenu « l’Institut Féminin du Prado ».

La création de « l’Institut Féminin du Prado » (IFP) 

Elle est l’une des créations récentes de la famille du Prado, qui a pour origine le désir de femmes qui veulent rester dans leur état de vie laïque pour se consacrer dans le célibat à vivre dans le monde, par leur travail et la présence dans la vie du siècle. Elles sont aujourd’hui présente dans 6 pays dont le Moyen Orient (Liban, Égypte), en Amérique latine et en Europe. C’est une vocation particulière qui partage la vie des gens ordinaires. Pour en savoir plus…

 

L’histoire des sœurs

Sr Marie Boisson, première sœur du Prado

Dès les origines, une des formes de l’engagement au Prado pour les femmes sera la vie religieuse ; elles seront précurseures puisque dès  1862. Cette année-là, Sr. Marie Boisson fait la Profession dans le Tiers-Ordre de St. François. Elle est ouvrière en soie quand elle rencontre le père Chevrier au cours des réunions qu’il organise pour les jeunes filles à la chapelle de la Cité.  « À cette époque, je me sentais appelée à me donner entièrement au Bon Dieu » dira -t-elle. Avec une autre jeune fille elle veut consacrer sa vie à Dieu à la Cité où était le père Chevrier. « Nous portions déjà le nom de sœurs mais sans costume ». Elle participe au démarrage du Prado après l’achat de la salle de bal en 1860 et sera la 1° supérieure des sœurs. « Je n’ai qu’une véritable enfant qui soit selon mon désir, c’est sœur Marie »  reconnait le Père Chevrier. Dans une homélie du 10 Décembre 1952, pour l’anniversaire de la fondation du Prado, le Père Ancel s’exclame  : « Soeur Marie fut la première collaboratrice du Père Chevrier. On pourrait l’appeler cofondatrice – avec le Père Chevrier – des Soeurs du Prado. » 

Le Père Chevrier comprit la nécessité de former les sœurs et de leur donner un règlement écrit à mesure que leur nombre augmentait. C’est en 1864 qu’il le composa : il a pour base le Tiers-Ordre de Saint François et les dispositions nécessaires pour règlementer l’œuvre des catéchismes et indiquer l’esprit particulier de la nouvelle communauté : un règlement qui se réfère à la vie de Jésus Christ et à la condition de vie des pauvres du quartier.

Après l’installation au Prado dans le quartier de la Guillotière, les œuvres fondées par le Père Chevrier répondent à diverses missions. Il associe le groupe des sœurs à ses essais, ses recherches, ses fondations. Elles participent à la concrétisation de l’intuition apostolique du Père Chevrier.

  • La 1ère Communion (pendant 6 mois, une Série de garçons et de filles -avec les sœurs reçoivent une formation religieuse et humaine, gratuitement, sans travailler. )
  • École cléricale (en vue de former des séminaristes)
  • Œuvre des pauvres malades
  • Paroisse du Moulin à Vent dont le P. Chevrier devient le 1° curé.
  • Œuvre des personnes handicapées mentales : rencontre avec Pierre Pacalet (méthode adaptée…)

Plus tard, la fondation d’une paroisse dans le quartier de la Mouche, confiée au Père Duret, « Notre-Dame des Anges » avec quelques sœurs.

En 1864, Sr Véronique est chargée de la formation des novices.

La vie en petites communautés se répand, pour cherchent à « aller là où c’est le plus nécessaire », et après un développement dans le Rhône et en France, cette forme de présence au milieu des gens s’étend au-delà de France : Présence au Maroc, en Italie, en Algérie… qui sont les premières fondations hors de France : 
  • 1958 : Maroc et Algérie (jusqu’en 1998)
  • 1959 : Italie (jusqu’en 1984)

Ce mouvement n’est pas de l’initiative ou l’ambition des sœurs françaises mais pendant le concile de Vatican II (1962-1965), quelques évêques se rencontrent et partagent leur souci de l’évangélisation dans les milieux défavorisés, populaires.  Là ils rencontrent Mgr Ancel et découvrent le Prado. C’est pourquoi des appels des jeunes parviennent au Prado soit prêtres, soit sœurs et frères.

Ce sont les années du Concile de Vatican II (1962-1965), quelques évêques se rencontrent et partagent leur souci de l’évangélisation dans les milieux défavorisés, populaires. Là ils rencontrent Mgr Ancel (évêque auxiliaire de Lyon et Supérieur du Prado) et découvrent le Prado. C’est pourquoi des appels des jeunes parviennent au Prado soit prêtres, soit sœurs et frères.

À partir de 1965-1975, une grande période de fondation des communautés : des sœurs françaises vont rejoindre les jeunes qui voulaient vivre cette vocation : répondre au souci de faire connaître Jésus Christ aux plus pauvres. 

Les sœurs du Prado sortent de France en 1958, rejoignant les prêtres au Maroc 4 ans après leur installation à Casablanca . Quelques-unes partent vivre dans une banlieue de Rome l’année suivante en 1959. Des sœurs françaises sont au Chili à partir de 1965, en Espagne à partir de 1968, en Algérie en 1970. L’essaimage se poursuit dans les années 1970 : en Corée en 1975, au Bangladesh en 1977, en Inde en 1979.

Dans les années 1980, l’essaimage se poursuit : dans l’Océan Indien, La Réunion (1981-1988) et à Madagascar en 1985 ; en Amérique latine par la présence en Colombie (1987-2014) puis tout récemment, Vietnam en 2018, fruit de la confiance et du travail en famille spirituelle.

Actuellement, les sœurs du Prado sont présentes en plus de la France, elles sont à ce jour au Chili (depuis 1965), en Corée (1975), en Inde (1979), à Madagascar (1997) et au Vietnam (2018).

Un regard d’historien sur l’histoire de la famille du Prado

Olivier Chatelan constate : « En 2022, à l’occasion d’une rencontre des « branches de la famille pradosienne en France », une vaste frise chronologique a été élaborée par le P. Yves Delavoix (Prêtre du Prado de France) et soeur Rosa Lee (Sr du Prado de Corée). Ce travail est remarquable non seulement parce qu’il reconstitue sur le temps long du Prado, et pas seulement sur le temps du P. Chevrier, les principales dates de l’histoire du Prado, mais encore parce qu’il superpose différentes strates : l’histoire des prêtres, mais aussi celle des soeurs, des laïcs, des frères, en y ajoutant même des éléments du contexte général.

Fidélité créatrice ? Sans doute et même plus que cela : la frise indique que l’histoire du Prado vaut en soi. Plurielle par ses branches, elle s’insère et modifie en retour un siècle et demi d’histoire de Lyon et de la société française et au-delà, dans les différents pays où le Prado a fait souche, certes dans sa dimension d’histoire du fait religieux mais aussi dans l’histoire de l’éducation, du soin, des engagements, de la laïcisation et de l’édition. »